Le tourisme malgache est d’une manière
générale un phénomène très récent
( début des années 80 ) .
Il est mondialement reconnu qu’il y a des plages magnifiques à
Nosy Be, Sainte Marie, Fort Dauphin .… , mais il y a aussi de
belles plages partout ailleurs dans le monde et quelque part dans l’Océan
Indien. Les planificateurs et entrepreneurs du tourisme reconnaissent
que Madagascar est mal préparé pour pouvoir concurrencer
les plages à vocation touristique de luxe des pays riverains.
Cependant sa faune et sa flore endémiques, sa nature de formation
unique, sa population d’origine variée lui confèrent
un atout sérieux comparé aux pays dépourvus de
ces ressources naturelles et culturelles .
L’écotourismeest défini comme
étant un voyage visant à responsabiliser les visiteurs
à la protection de la nature et au bien être de la population
locale . A Madagascar , l’écotourisme s’articule
autour des aires protégées que constituent les réserves
naturelles intégrales , les parcs nationaux et les réserves
spéciales ; ceux-ci offrent une grande variété
de ressources pour favoriser son développement et intéressent
de plus en plus nombreux opérateurs touristiques.
Le choix des aires protégées se justifie
par :
- la mise en place d’un programme d’aménagement de
l’environnement bénéficiant d’une structure
opérationnelle financée.
- la capacité de l’écotourisme à la pérennisation
du programme de conservation des aires protégées et en
conséquence à la pérennisation des écosystèmes
; bien qu’ incomplet, le réseau d’aires protégées
malgache représente les différents aspects de ses écosystèmes
naturels
- une politique de développement bien ciblé dans les zones
périphériques laquelle allègerait les pressions
sur les aires protégées et assurerait un développement
durable.
- une stratégie de conservation considérée non
comme une contrainte mais plutôt comme un moyen et un but d’éducation
; l’écotourisme vise à tous les niveaux l’éducation
de la population riveraine, des opérateurs, des décideurs.
La gestion des aires protégées devrait intégrer
la population riveraine et l’écotourisme est l’un
des voies et moyens permettant cette intégration .
Décidé dans le cadre d’une politique gouvernementale
cohérente , l’Ecotourisme se traduit comme:
- un tourisme de haut niveau sans pour autant être un tourisme
de luxe.
- un tourisme de dépaysement : acceptation de certaines contraintes
comme l’insuffisance des infrastructures et la simplicité
des architectures.
- un tourisme sans déculturation et à développement
progressif.
L’Ecotourisme se caractérise ainsi par :
Son aspect récréatif et éducatif.
Sa localisation : les sites naturels
Son souci pour la conservation de la nature et du respect de la culture
locale .
Ses retombées bénéfiques sur la population locale.
Son exploitation dénuée de mercantilisme.
Sa capacité de contribuer à la pérennisation du
programme Aires Protégées
Au
caractère unique de la nature s’ajoute l’originalité
de la culture malgache .Ces éléments fondamentaux font
de l’écotourisme une des formes de développement
intégrées et durables visant la conservation de l’écosystème.
Les points de chute du développement de l’écotourisme
se résument ainsi :
Les sites naturels, les paysages « légèrement humanisés
» et les sites culturels.
• les sites naturels :Massifs forestiers avec ses différents
statuts. Paysages lacustres. Zones récifales (milieu marin) .Sites
géomorphologiques particuliers
• Paysages humains :les stations forestières et piscicoles.
Les périmètres de reboisement etc…
• Les sites culturels : lieux de cultes traditionnels, les tombeaux
. Architectures traditionnelles et /ou historiques.Vestiges historiques
(musées )
Il est indéniable que le potentiel écotouristique de Madagascar
est mondialement reconnu, cependant beaucoup de contraintes empêchent
son développement, telle l’instabilité politique,
ou encore l’insuffisance du transport routier et aérien,
l’absence d’hébergement adéquat etc.…
Malgré
son potentiel présent , son activité écotouristique
est encore tout à fait réduite si l’ on se réfère
aux normes internationales . L’écotourisme à Madagascar
est encore au stade de tâtonnement ; néanmoins, il a un
avenir prometteur, et s’il est bien géré, il peut
contribuer considérablement au mouvement national de conservation
des réserves naturelles et de développement économique.