Cette cérémonie qualifiée plus tard de «
Bain Royal » se déroule normalement en début d’année
– le mois de Février – car elle correspond aux
festivités du nouvel an européen. Elle est célébrée
avec faste depuis près de trois cents ans par les ZanadRanavalona
d’Anosimanjaka. C’est un véritable culte qui est
rendu à Ranavalotsimitoviaminiandriana leur aïeule, surnommée
Nenibe.
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Ranavalomanjakatsimitoviaminiandriana serait la fille du roi merina
Andriamasinavalona ayant régné entre 1675 et 1710 et
d’une ondine (zazavavindrano) originaire d’Iharamy, un
village près d’Ambohimanambola. Elle a vécu à
Alasora avec son père. Plus tard elle a choisi de s’établir
à Aminampanga, un îlot entouré d’étang,
qui est devenu plus tard Anosimanjaka (l’îlot qui détient
le pouvoir). Son époux était peu connu. Elle eut quatre
filles et cinq garçons dont les descendants se sont éparpillés
un peu partout dans la région. Ses filles ont donné
naissance à d’illustres princes . Entre autres , Ramanitrandriantsimitovy,
mère de Rasoherina, grand-mère d’Andrianampoinimerina.
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Chaque année, à Anosimanjaka , durant les trois premiers
jours de l’Alahamady, le culte de Nenibe , une importante cérémonie
rituelle et religieuse drainant des milliers de personnes , est célébré
en grande pompe . Les Zanadranavalona apportent régulièrement
diverses offrandes : parfum, bonbons, miel, banane et se plient le
jour du Fandroana au sacrifice rituel de deux « omby volavita
» c’est-à-dire des boeufs à robe rouge avec
des tâches blanches sur les pattes. Après le sacrifice,
la viande appelée « hena manitra » est distribué
à l’assistance ; des fidèles recueillent le sang
dans des récipients, d’autres se contentent de mouiller
l’index et d’en mettre sur le front. La tête revient
au plus vieux des Zanadranavalona tandis que la partie supérieure
de la bosse est déposée dans le Tranomanara.
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Trois endroits servent de lieux de culte : le Tranomanara ou maison
froide où sont gardées les reliques de la Reine. On
y sollicite sa bénédiction.
Au sud ouest, Ambatondrafotsy, un rocher qui surplombe le puits ;
jadis cet endroit avait servi de point d’eau à la reine,
ainsi cette source aurait des pouvoirs thérapeutiques.
Enfin à l’est du puits, sur le flanc de la colline, Ampamolesana.
C’est là que la Reine filait la soie. Un autel y est
érigé pour recevoir des offrandes. On y allume du feu
avant l’invocation et certains fidèles entrent en transes
et communiquent directement avec la Reine.
Un autre endroit mérite aussi l’attention : le Fihasinana
; c’est un autre puits situé au nord de l’entrée
d’Anosimanjaka. L’eau sert au bain des boeufs lors de
la cérémonie.
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Mais
le culte de Nenibe existe aussi au quotidien. Tous les jours sauf le
mardi , des gens viennent à Anosimanjaka pour demander la bénédiction
de la Reine. Ils s’y rendent pour se purifier ; ils apportent
des récipients pour mettre de l’eau que les officiants
doivent bénir avant d’être bu. Des malades viennent
chez les « Mpitaiza » ou le devin
Beaucoup prélèvent un peu de « tany masina »(terre
sacrée) pour se protéger du mal et glissent des requêtes
ecrites dans un cercueil du Tranomanara.
Vénération ou adoration ? Beaucoup d’âmes
bien pensantes accusent les ZanadRanavalona d’être des idolâtres.
Foncièrement traditionaliste, cette caste nobiliaire est très
respecteuse des traditions précisément des « fady
» :ainsi la consommation d’ail, d’oignon, de viande
de chèvre et de porc est interdite. Le port de cuir de caîman
ou d’armes à feu est défendu.
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